Burn-out : vous n’êtes pas faible, vous êtes épuisé(e)
- Agnès Gillardin
- 9 janv.
- 4 min de lecture

Le burn-out est un état d’épuisement global : physique, mental et émotionnel.
Il apparaît lorsque l’on fait face pendant trop longtemps à des exigences élevées, sans récupération suffisante, sans marges de manœuvre, et souvent sans s’autoriser à s’arrêter.
Contrairement à une simple fatigue, le burn-out :
- ne disparaît pas avec un week-end ou des vacances
- donne l’impression d’être “vide”, même après du repos
- touche souvent des personnes investies, engagées, consciencieuses
Les principaux symptômes du burn-out
Les symptômes varient d’une personne à l’autre, mais on retrouve souvent une combinaison de signes, qui s’installent progressivement.
Symptômes psychiques et émotionnels | Symptômes physiques |
Fatigue mentale intense Difficulté à se concentrer ou à décider Perte de motivation, désengagement Irritabilité, hypersensibilité Sentiment de vide, de découragement Impression de ne jamais en faire assez
| Fatigue persistante, même au réveil Troubles du sommeil Maux de tête, tensions musculaires Troubles digestifs Sensation d’épuisement dès les petits efforts |
Symptômes comportementaux | Symptômes relationnels |
Travailler plus pour compenser S’isoler ou, au contraire, ne jamais s’arrêter Difficulté à dire non Diminution des activités plaisantes Fonctionnement “en pilote automatique”
| Distance émotionnelle Impatience avec les proches Sentiment d’incompréhension Impression d’être seul(e) à porter
|
Le burn out peut être professionnel (lié au travail) mais aussi personnel (lié à la charge mentale, émotionnelle, familiale, relationnelle) et repose sur la même logique :
- Beaucoup de responsabilités
- Peu de récupération
- Des attentes élevées (externes ou internes)
- Une difficulté à poser des limites
Voici quelques exemples de cas :
🧑💼Le burn-out professionnel :
Le burn out : “Je ne peux pas lâcher”
Marie aime son travail. Elle est compétente, fiable, impliquée. Quand la charge augmente, elle se dit : « Je vais m’organiser mieux. Faire un effort de plus. »
Elle travaille plus tard, répond aux mails le soir, prend sur ses pauses.
👉 Résultat : Fatigue chronique / perte de motivation / irritabilité / sentiment de ne jamais en faire assez
= Plus elle essaie de tenir, plus elle s’épuise.
Le burn out : « Si je ralentis, tout s’écroule »
Sophie est le pilier de son équipe. On compte sur elle pour tout.
Ce qu’elle fait pour tenir :
elle ne prend pas ses congés
elle répond immédiatement aux demandes
elle compense les manques des autres
👉 Résultat : plus elle fait, plus on lui en demande
= Sa solution (se rendre indispensable) empêche le système de s’adapter.
Le burn-out du “contrôleur”
Claire est sur tous les fronts, au travail comme à la maison : « Si je ne vérifie pas, ça va mal se passer. »
Ce qu’elle fait : contrôle chaque détail / relit, corrige, supervise / anticipe tous les scénarios
👉 Résultat : surcharge mentale constante.
= Le contrôle excessif entretient l’anxiété qu’il cherche à réduire.
Le burn-out du “je dois être irréprochable”
Fred a une forte exigence morale ou professionnelle envers lui-même.
Il doit : ne jamais se plaindre / ne pas faire d’erreurs / être toujours à la hauteur
👉 Résultat : pression interne permanente, auto-critique sévère.
= L’idéal devient une prison.
🏠 Le burn-out personnel :
Le burn-out de la personne “forte” :
Marc ne travaille pas forcément trop, mais il gère la maison / s’occupe d’un proche / soutient tout le monde / ne demande jamais d’aide
Il se dit : « Ce n’est pas le moment de craquer », « je dois être là pour tout le monde »
👉 Résultat : Jusqu’au jour où il n’a plus d’énergie du tout.
👉 Résultat : l’épuisement devient invisible… jusqu’au craquage.
= Fatigue, vide intérieur, parfois culpabilité… « Je ne me reconnais plus. »
Le burn-out : « Il faut que tout aille bien »
Personne très attentive à l’ambiance familiale : éviter les conflits / lisser les tensions / anticiper les besoins de chacun
👉 Résultat : surcharge émotionnelle, fatigue mentale intense.
= Vouloir éviter le malaise crée un malaise intérieur permanent.
Le burn-out “silencieux”
Julie fonctionne, mais sans plaisir.
Elle continue “en mode automatique” / Elle ignore les signaux du corps / Elle se dit que ça passera
👉 Résultat : perte de sens, vide, détachement émotionnel.
= Éviter d’écouter les signaux empêche tout ajustement.
Ce que tous ces burn-out ont en commun :
des exigences élevées envers soi-même
une difficulté à dire non
la peur de décevoir
l’idée qu’il faut “encore tenir un peu”
👉 Et surtout : les mêmes solutions répétées encore et encore.
🔍 Exemples de cercles vicieux
“Je suis débordé → je travaille plus → je suis encore plus fatigué”
“Je veux être un bon parent → je m’oublie → je n’ai plus de patience”
“Je ne veux pas déranger → je fais tout seul → je m’effondre”
✨ Message clé pour les personnes concernées
Si vous êtes épuisé(e), ce n’est pas parce que vous faites mal les choses. C’est souvent parce que vous faites trop bien ce qui ne fonctionne plus.
La thérapie brève selon le modèle Palo Alto aide à :
sortir des cercles vicieux
retrouver des marges de manœuvre
se réajuster sans se renier
apprendre à faire moins, sans culpabiliser
poser des limites, même imparfaites
accepter de ne pas tout contrôler
redonner une place légitime au repos
sortir du “tout ou rien”
Pour finir
On ne demande pas de “changer qui vous êtes” mais de changer ce qui vous épuise, ici et maintenant :
arrêter certaines luttes inutiles
desserrer les contraintes invisibles
introduire des choix là où tout semblait obligatoire
Se relever d’un burn-out, ce n’est pas revenir “comme avant”. C’est apprendre à fonctionner sans se brûler.
👉 Demander de l’aide n’est pas une faiblesse. C’est souvent le premier acte de liberté après un long enfermement.
Et parfois, pour aller mieux,il ne s’agit pas de tenir plus…mais d’oser faire autrement.




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